Que faire pour limiter la prolifération des moustiques et en particulier du moustique tigre
Qu'est-ce que le moustique tigre ?
Le moustique tigre (Aedes albopictus) est une espèce invasive originaire des forêts tropicales d'Asie du Sud-Est. De très petite taille (5 à 7 mm), il se distingue par ses zébrures noires et blanches caractéristiques et une ligne blanche sur le thorax — d'où son nom de « moustique tigre ».

À retenir : le moustique qui vous pique est né chez vous !
Le moustique tigre se déplace très peu : il parcourt moins de 150 mètres au cours de toute sa vie adulte. Il ne se propage sur de longues distances qu'en « faisant du stop » dans les véhicules. Ainsi, le moustique qui vous pique a été élevé dans votre quartier, voire dans votre jardin.
Mode de vie et piqûres
- Seules les femelles adultes piquent, uniquement pour nourrir leurs œufs (elles se nourrissent principalement de nectar)
- Les piqûres interviennent principalement en extérieur, pendant la journée, avec un pic à l'aube et au crépuscule
- Il se développe majoritairement en zone urbaine et périurbaine
Risques sanitaires : dengue, chikungunya, Zika
Le moustique tigre peut, dans certaines conditions, transmettre à l'homme des virus tropicaux : la dengue, le chikungunya et le Zika. Ces maladies sont dites « vectorielles » car elles passent par un vecteur (ici le moustique) pour passer d'une personne à une autre.
Mécanisme de transmission
Le moustique tigre ne transmet pas systématiquement une maladie. Pour qu'il devienne infectant, il doit d'abord piquer une personne contaminée par un arbovirus, c’est-à-dire transmis par des insectes tels que moustiques ou tiques lors d'un voyage en zone à risque ou par contamination locale. Après une période d'incubation de 2 à 3 jours, il peut alors transmettre le virus à d'autres personnes pendant environ 30 jours. À ce jour, un unique cas de transmission locale de maladie liée au moustique tigre a été constatée en Centre-Val de Loire en 2025.
Symptômes à surveiller après un voyage en zone à risque
Consultez les régions intertropicales infectées https://pasteur-lille.fr/prevention/centre-de-vaccinations-internationales/preparer-ses-voyages/ )
- Douleurs articulaires et musculaires
- Maux de tête
- Éruption cutanée avec ou sans fièvre
- Conjonctivite
En cas de symptômes : consulter un médecin et éviter de se faire piquer pour ne pas contaminer d'autres moustiques.
Implantation en Centre-Val de Loire
Le moustique tigre est arrivé en région Centre-Val de Loire en 2017, dans l'Indre. Sa progression a été rapide et continue :
- Il est désormais implanté dans 4 départements : le Cher, l'Indre, l'Indre-et-Loire et le Loiret
- Il a également été repéré de manière ponctuelle dans le Loir-et-Cher
- Sa période d'activité officielle s'étend du 1er mai au 30 novembre, mais elle est constatée de juin à novembre en Centre-Val de Loire
- Plus d'un quart de la population régionale réside désormais dans une commune colonisée
Carte des communes colonisées
La liste des communes colonisées est actualisée quatre fois par an. Consultez-la sur le portail national de signalement du moustique tigre.
Comment agir : supprimer les gîtes larvaires
La méthode la plus efficace pour lutter contre le moustique tigre est mécanique : supprimer tous les points d'eau stagnante. Le moustique tigre se reproduit dans le moindre récipient contenant de l'eau — même un bouchon renversé lui suffit !
Gestes à effectuer toute la saison (mai à novembre)
- Vider une fois par semaine les soucoupes, vases, seaux, arrosoirs et tout récipient contenant de l'eau
- Remplir les soucoupes des pots de fleurs avec du sable ou une éponge humide (permet l'arrosage sans eau stagnante)
- Enlever tous les objets abandonnés dans les jardins, terrasses et parcs susceptibles d'accumuler de l'eau
- Vérifier le bon écoulement des eaux de pluie : nettoyer les gouttières, les toits-terrasse et les avaloirs
- Entretenir les espaces verts : élaguer, débroussailler (les adultes se reposent dans la végétation dense et fraîche)
- Couvrir les réservoirs d'eau de pluie, citernes et piscines hors-saison
- Changer l'eau des vases de fleurs coupées chaque semaine
Les propriétés privées : un enjeu collectif
Une très grande majorité des gîtes larvaires, environ 80 %, se trouvent dans des propriétés privées et des espaces collectifs. Chaque habitant a un rôle à jouer : la lutte contre le moustique tigre n'est efficace que si elle est collective.
Limites des produits anti-moustiques
Les insecticides et répulsifs ne permettent pas d'éliminer durablement les moustiques. Ils peuvent réduire temporairement les nuisances, mais ne remplacent pas la suppression mécanique des gîtes larvaires.
Si vous utilisez des répulsifs cutanés :
- Demandez conseil à un pharmacien, surtout pour les enfants et les femmes enceintes
- Demandez l'avis du médecin pour les enfants de moins de 30 mois et en cas d'antécédents de convulsions
- Évitez d'appliquer sur le visage et les mains des jeunes enfants
- Lisez attentivement la notice avant toute application
Participer à la surveillance citoyenne
Chaque habitant peut contribuer à la surveillance du moustique tigre. Si vous pensez avoir identifié un moustique tigre, signalez sa présence sur le portail national :
Portail national de signalement du moustique tigre (ANSES) : https://signalement-moustique.anses.fr
Un questionnaire en ligne vous permet de vérifier rapidement s'il s'agit bien d'un moustique tigre. Des photos ou un spécimen permettent de confirmer l'identification.
Comment signaler efficacement ?
Photographiez le moustique sous plusieurs angles si possible. Rendez-vous sur signalement-moustique.anses.fr et remplissez le questionnaire. En cas de signalement dans une commune non encore colonisée, l'ARS peut demander une enquête de terrain avec élimination physique des gîtes larvaires.
La surveillance organisée par les pouvoirs publics
La surveillance entomologique est organisée à deux niveaux complémentaires :
- Surveillance active : réseau de pièges pondoirs installés et relevés à intervalles réguliers par des organismes habilités (dont la FREDON en lien avec l'ARS)
- Surveillance passive : signalements citoyens via le portail national
L'ARS Centre-Val de Loire coordonne ces missions et peut, en cas de présence avérée dans un nouveau secteur, déclencher des enquêtes de terrain et mettre en place une surveillance de l'aire d'implantation.
Les maladies vectorielles (dengue, chikungunya, Zika) sont des maladies à déclaration obligatoire. Les professionnels de santé doivent les signaler à l'ARS.
Ressources et contacts
Pour vous informer, signaler et agir :
Portail national de signalement (ANSES) : https://signalement-moustique.anses.fr
ARS Centre-Val de Loire — Moustique tigre : https://www.centre-val-de-loire.ars.sante.fr/moustique-tigre-aedes-albopictus-et-lutte-anti-vectorielle
Ministère de la Santé — Cartes de présence du moustique tigre : https://www.sante.gouv.fr
FREDON (organismes habilités de lutte) : https://fredon.fr
L'observatoire
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